Fonds Régional d'Art Contemporain de La Réunion

la programmation

dans les murs

D’île en Elle(s Exposition

Lieu
Pavillon Martin
du 5 au 27 août 2016
Horaires
du mercredi au dimanche
de 9h à 12h et de 13h30 à 17h
Vernissage
le samedi 6 août à 11h

L’exposition D’îles en elle(s prend comme point d’ancrage l’île de Mayotte. Elle questionne l’archipel comorien, son histoire, ses histoires. C’est une vision poétique d’une gravité romancée qui s’offre à nos yeux. Un rideau brodé aux prénoms féminins, des gilets des sauvetages aux motifs de shiromani, des tchombos aux effigies des îles de l’océan Indien, un naufragé en perte d’amour… tant de propositions qui s’articulent sur les problématiques d’une île à travers le regard de deux artistes. L’exposition propose un ensemble de sculptures, vidéos, photos et environnements sonores qui cherchent le dialogue sous une forme archipélique. De la pratique « artisanale » à la migration « sauvage », le territoire mahorais offre un jeu épars de correspondances sociales et formelles tra-duisant une impermanence sous tension.

Le mot de la commissaire

D’îles en elle(s
On pense à tous ces voyageurs, géo-poètes mais aussi communs des mortels qui rêvent des îles, qui font les îles. Certains pour s’enrichir, d’autres, en mal de vivre, pour s’ensauvager. Ce sont là certaines images de l’île. Mais, il s’agit ici D’îles en elle(s, d’une exposition de deux artistes qui proposent des points de vues mouvants et des images en mutation sur un territoire “français”, Mayotte.

Elle, Zoé, nous invite à découvrir un « musée anthropologique » constitué de pièces qu’elle a prélevées sur le sol insulaire.
Il, Jean-Marc, scénarise un drame aux abords d’un rivage. D’une plage, d’une île, d’une terre promise.
Elles parlent d’elles, elles parlent d’îles…
Zoé propose un point de vue du dedans de l’île. Elle vit et travaille à Mayotte comme ces femmes d’Anjouan, d’Espagne, de France, de Pologne,… à qui elles donnent la parole. D’une Pièce sonore, elle génère des matières pour la plupart pelliculaires : Elles parlent d’elles et leurs identités se brodent sur la trame cru du coton. Les préoccupations de peaux induisent des collections aux aspérités spécifiques. Comme des abris de fortune qui partent en lambeaux. Elles parlent d’une île affective, de leur terre natale… D’une douceur fantasmée du vivre ensemble se substitue une île tchombo aux reliefs tranchants. Il rêve d’île et y échoue !
Jean-Marc propose un point de vue du dehors, lors d’une traversée entre deux territoires. Il ironise sur l’échec indubitable de « l’homme blanc » en quête d’exotisme. Inéluctable car un mode d’emploi n’est pas une carte et une carte n’est pas un territoire. Des « gilets de sauvetage première classe » ne désignent pas seulement des accidents d’avion, des chavirages de « kouassas ». « Relookés » aux couleurs des tissus traditionnels de l’océan indien, ils pointent peut-être du doigt une région qui semblait encore assez lisse, il n’y a pas si longtemps. La récente reterritorialisation de Mayotte modifie violemment sa face. Flux et reflux de populations ré-envisagent et produisent de nouveaux chocs culturels.
Á La Réunion, « D’îles en elles » nous amène à comprendre l’urgence de nouveaux codes culturels présents dans notre société. L’intégration de l’autre n’a pas encore fait place à l’acceptation de l’autre. La posture géopolitique n’a pas encore fait place à la géopoétique.

Colette Pounia, Commissaire

Commissaire

Colette Pounia

Artistes

Zoé Benoit, Jean-Marc Lacaze

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