Fonds Régional d'Art Contemporain de La Réunion

la programmation

dans les murs

Work in progress Exposition

Lieu
Pavillon Martin
du 29 octobre au 27 novembre 2016
Horaires
du jeudi au dimanche
de 9h à 12h et de 13h30 à 17h
Vernissage
le samedi 29 octobre à 18h

Du 29 octobre au 27 novembre 2016, le FRAC RÉUNION présente au Pavillon Martin, dans les jardins de la Maison Bédier une exposition personnelle de l’artiste Julie Hauer : Work in progress.

« Hé là-bas, l’homme aux cicatrices d’étoiles, où courez-vous ?» interrogeait Tzara. C’est moins le résultat que le cheminement créatif qui habite Julie Hauer à travers sa pratique artistique, à la quête de sphères lumineuses, du rayonnement des couleurs et du scintillement des astres. Son œuvre traverse l’espace et le temps en s’appuyant sur une quasi abstraction aux tonalités métaphysiques, des paysages d’ordre spirituel et la représentation d’espaces ouverts, jonglant entre profondeur et vide. Julie Hauer exploite les qualités intrinsèques de la couleur, tout en voulant prêter à l’œuvre l’idée d’être enveloppée dans une sphère atmosphérique non palpable, mais omniprésente. L’artiste opte pour un biomorphe non mimétique. En effet, dans sa volonté d’être la plus directe possible et tenant le tableau pour un organisme vivant, elle accorde la prééminence à la couleur, qui représente plus facilement les sentiments. La planéité et le rayonnement de l’œuvre en font des espaces non fermés et vivants, qui ne révèlent aucunement l’ambition de reproduire l’environnement de l’artiste. La fascination de Julie Hauer pour l’espace aérien aux contours et mesures indéterminés est transposée sur la toile. Souvent, le centre du tableau n’est qu’un vide noir ou coloré, une fenêtre lumineuse où l’on peut d’une part reconnaître des microcosmes ou d’autre part se perdre dans un macrocosme. Le choix de l’expérience visuelle est laissé au spectateur, pouvant être projeté dans l’univers du minuscule, du monde des bactéries, jusqu’aux distances interstellaires de l’espace. Dépouillement, minutie et luminosité deviennent des enjeux de taille dans le processus créatif de Julie Hauer. L’abstraction incarne la conquête de l’essence, celle qui rassemble les êtres, les idées et les paysages dans la même unité. Au coeur de la nature et de ces paysages, l’artiste se doit de capter les vibrations démultipliées d’une expérience sensible au réel et les traduit sur la toile. Son geste se rapproche de celui du balayage, fonctionnant avec des alternances de plein et de vide. La matière devient forme avant qu’elle ne sèche. L’Absence de préméditation des formes et des gestes accentue l’importance du mouvement présent, de la vitesse d’exécution, d’un état second de concentration, soit la spontanéité de l’acte créateur, allant à l’encontre d’une dynamique structurelle. Le brou de noix, les pigments, l’huile, l’eau, l’acrylique, les solvants, la terre et les encres se mélangent librement sur la toile posée à terre. Les matières se rejettent, d’autres se contractent ou explosent dans des réactions chimiques et aléatoires. L’humidité de l’air, le vent, la texture du sol sur lequel repose la toile, déterminent la voie que se fraye initialement la matière. Ainsi apparaissent de nouvelles formes et couleurs guidant l’artiste, chaque geste déterminant le suivant. La toile se découvre ainsi au fur et à mesure, et la peinture se déroule comme un enchaînement de séquences inattendues, jusqu’à sa fin. »

Justine Hauer

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