Fonds Régional d'Art Contemporain de La Réunion

la programmation

  • Kelly Goulas, Sans titre, vidéogramme, 2018.

dans les murs

TONBÉ LÉVÉ [suite et fin] Exposition

Lieu
Pavillon Martin, Stella, Piton Saint-Leu
Du samedi 28 avril au dimanche 6 mai 2018
Horaires
mercredi et jeudi
samedi et dimanche
10h à 12h et 14h à 17h
Entrée libre et gratuite
Vernissage
samedi 28 avril, 19h00

TONBÉ LÉVÉ

[suite et fin]

Etat des lieux d’une recherche en gestation par les étudiants de 4e année de l’Ésa-Réunion


Avec Pauline Gillard, Kelly Goulas, Gloria Luzzy, Tahina Maresu

Et la participation des étudiants en séjour Erasmus aux quatre coins de l’Europe : Thomas Barouti, Brandon Gercara, Larissa Palaya, Nina Sanchez, Lucile Simiand, Aude Sirara, Vincent Ramaye, Auriane Robert et Prudence Tétu

Deuxième mouvement tonbé-lévé (1), quelques pas chaloupés les yeux fermés, un genou qui flanche, une chute évitée de justesse pour la beauté du geste, quelques tours sur soi-même pour faire trembler les points de vue. Se redresser ensuite et recommencer encore.

Ce mouvement en trois temps emprunté à notre blues traditionnel, oté maloya […] ma tonbé lévé, ma dans’ aou mèm (2), évoque quelque part, du moins à notre endroit, l’essence même de la pratique (autrement dit recherche) en école d’art.

Tonbé lévé, chercher, s’égarer, inventer avec l’ambition certaine de faire justement trembler les points de vue, de dériver vers des territoires inconnus, de réfléchir le monde, présager ses potentiels, et ses devenirs.

Depuis la première édition de ce projet d’exposition, certain·e·s étudiant·e·s ont d’ailleurs pris le large à la découverte de nouvelles contrées et d’autres terrains d’expérimentation : Athènes, Bruxelles, Liège, Norwich, Nottingham, Reykjavik, Valencia, des villes d’Europe d’où ils nous livreront un aperçu de leur travail, format carte postale (correspondance oblige) en évitant soigneusement les images d’Épinal.

D’autres ont choisi de poursuivre leurs explorations ici, en s’emparant du genre quasi-traditionnel, (et presque inévitable au regard de leur démarche respective) du portrait et de l’auto-portrait, envisagé tel un miroir réfléchissant notre histoire, des patrimoines jusque là invisibles, une certaine vision de notre société…échos lointains aux Transitions de Samuel Fosso?

Dans ce dernier mouvement, ces derniers pas de danse, Gloria, Kelly, Pauline et Tahina détournent soigneusement les images d’Épinal, fabriquent des réminiscences, invoquent des images fantômes et questionnent leurs survivances, captent nos identités plurielles et mouvantes, capturent un geste singulier, une mimique, une humeur, un corps dansant précisément, dessinent avec les mots, regardent avec les mains, elles font pleurer les photographies, vibrer les visages, et finissent bien par nous « tirer le portrait ».

Myriam Omar Awadi

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(1) Expression créole définissant un redressement rapide (après une chute) ou une personne très souple.

(2) Oté Maloya, une chanson de Jean-Claude Viadère


© Kelly Goulas, Sans titre, vidéogramme, 2018.

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